Portrait découverte.

NILCO

Comme la coutume aime le chanter en ces terres, NILCO né le 21 mars 1977 à Perpignan, est donc « Catalan de naissance », cependant, comme il préfère le chanter lui-même dans son titre « les gènes », il se sent autant Catalano-Antillais qu’Occitano-Vietnamien ou plus loin encore Indien mais avant tout, Citoyen du monde.

En effet, c’est au carrefour de toutes ses cultures que la sensibilité de cet auteur, compositeur et interprète français s’est éveillée, éduquée à lire entre les lignes de démarcation. C’est donc naturellement dans cette même veine, fruit du métissage, que s’abreuve dans le prolongement de son identité propre, son identité artistique.

 

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L'actualité de NILCO


Rentrée 2010 sortie de son album en distribution nationale…

 

Le 11 octobre 2010 en DISTRIBUTION NATIONALE

L’ album « Au Nom De Qui… »


 


En quelques mois, il est devenu un phénomène local. Avec ses textes militants et ses sonorités entre jazz et blues, Nilco réconcilie écriture et musiques actuelles. Le 17 août,  il donnait un concert gratuit place de la mairie à Narbonne.


Comment est née "l'aventure Nilco" ?

Un peu par hasard. J'ai découvert la musique très jeune avec une formation classique au piano, mais je n'avais jamais eu l'ambition de faire carrière. Par la suite, après avoir beaucoup travaillé dans le social, j'ai eu envie de vider mon sac. De mettre en paroles tout ce que j'avais vu. L'écriture est venue comme ça. La guitare, en revanche, je m'y suis mis sur le tard. Mon entourage m'encourageait à persévérer, mais tu te dis que tes proches cherchent forcément à te faire plaisir. Jusqu'au jour où je me suis retrouvé à

faire l'ouverture de Bernard Lavilliers... ma première scène ! C'était déjà énorme en soi, mais l'accueil du public a été extraordinaire. J'ai alors décidé de me lancer pour de bon.

 

Tu parlais de "vider ton sac" : tes textes sont effectivement très engagés...

Je n'aime pas trop ce terme, car il est aujourd'hui galvaudé. A mon sens, tout le monde est plus ou moins engagé dans son métier ou sa fonction. Je préfère parler de textes qui osent prendre position, qui ouvrent le débat. C'est d'ailleurs pour cela que je me suis lancé avec prudence, car je ne voulais pas travailler avec n'importe qui. Je tenais à ce qu'une certaine éthique soit respectée.

 

Tu estimes donc que la chanson et la musique n'ont de sens que si elles délivrent un message ou invitent à la réflexion...

C'est d'autant plus important pour moi que je trouve la chanson française actuelle plutôt frileuse en terme de prise de position. Il y a bien le hip-hop, mais il s'exprime à travers une forme agressive et rebelle qui n'est pas accessible à tous. Pour le reste, la plupart des chanteurs à texte parlent soit d'amour, soit d'états d'âme personnels. Ils ont sans doute peur de se couper d'un certain public en se montrant plus critiques, mais je pense qu'ils se trompent. Les gens sont aussi en attente de chansons militantes, et j'en suis la preuve parfaite ! Si je suis là aujourd'hui, c'est grâce au buzz autour de moi alors que je ne faisais pratiquement pas de promo !

 

Comment concilies-tu écriture et musique ?

J'essaye de mettre du texte sur des musiques actuelles, qu'il soit blues ou rock. Ça permet d'attirer un large public, mais ce style vient de plus loin. J'ai beaucoup écouté Ferré, Brassens... Cette belle écriture me manquait, et je voulais la sortir du format traditionnel. Finalement, je me vois assez comme un chansonnier moderne.

 

Et la suite ?

"Au nom de qui ?", mon premier album, sort en octobre. Actuellement, je travaille sur une oeuvre qui porte un regard plus global sur les problèmes actuels. Ce serait quelque chose hors format, une poésie orchestrée de 40 ou 50 minutes évoquant l'influence des trois pouvoirs : religieux, marchand et militaire. Mais avant de monter ça, je dois encore gagner en crédibilité. Je compte donc sur l'album, mais aussi sur d'autres chansons que je garde sous le coude. Et puis bien sûr, je continue d'écrire. Plus que jamais.

Recueilli par Lionel Ormières

L'Indépendant