ELNE


La cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie

Concrètement il s'agit d'un monument roman, bâti suivant un plan basilical. Il est constitué d'une nef à deux bas-côtés sans transept. Le chœur formé d'une absidiole voûtée en cul de four. Initialement la nef était surmonté d'une charpente en bois, mais celle-ci a été remplacé par une voûte en plein cintre. Lorsque vous serez dans la cathédrale, retournez vous vers l'orgue. Au dessus vous verrez dans les murs la trace de l'emplacement des poutres le long de l'arc diaphragme. Le bas côté Sud a été remanié durant les XIIIe et XVIe siècle par l'adjonction de chapelles.

 

La façade était initialement symétrique, le deuxième clocher étant identique à son voisin. Mais il fut détruit au fil des années et reconstruit en brique, plus simplement. En imaginant le deuxième clocher, on constate que la façade possédait un mur pignon rectangulaire qui est désormais transformé avec un crénelage.

 

L'intérieur de la cathédrale réserve une surprise avec l'emploi de technique directement inspirée de l'antiquité : les piliers sont légèrement penchés vers l'avant et la corniche de la nef monte en s'éloignant par dessus les grands arcades. Tout ceci fut fait dans le but d'améliorer la perspective.

 

Le portail principal est construit en marbre bleu de Cérêt. Ses piédroits sont éclatés par le feu, il s'agit des restes de l'attaque des troupes de Philippe III le hardi en 1285 contre la ville d'Elne. Côté Sud le portail en plein cintre est daté de 1669.

 

Ses dimensions sont impressionnantes pour un édifice de cette époque. Sa longueur totale dans œuvre est de 49 m 60 pour une largeur de 20 m 50 sans les chapelles gothiques. La nef fait 42 m par 8 sous 16m de hauteur (11m 20 sous les collatéraux). L'abside fait 5 m 40 de profondeur (pour un choeur de 2 m 40), les absidioles font, elles, 1 m 95 (pour des choeurs de 92 cm seulement). Les ouvertures sont plus impressionnantes : 8 m 55 pour celle de l'abside, 3 m 40 pour les absidioles.




Le cloître :

Le cloître d'Elne, attenant à la cathédrale, est l'un des rares cloîtres du département ayant conservé son intégrité.

Réalisé en plusieurs étapes, il donne de nos jours une bonne idée de l'évolution des techniques de construction et de sculpture durant les XIIe, XIIIe et XIVe siècle.

 

Les quatre galeries formant un carré ont été construites à des époques différentes mais suivant des techniques similaires, ce qui donne une uniformité à l'ensemble. Le matériaux a toujours été le marbre bleu de Cérêt et jamais l'arc en plein cintre n'a été abandonné.

 

La galerie sud était un passage entre les salles capitulaires et la sacristie, c'est l'aile la plus ancienne. Les sculptures ont été réalisées après celles de St Michel de Cuxa et de Serrabone, ce qui permet de voir leur similitude d'un bâtiment à l'autre. Ses chapiteaux sont ornés de griffons, d'aigles, de bouquetins, de lions, de sirènes et de motifs végétaux.

 

La galerie ouest, construite au XIIe siècle, marque la renaissance du gothique. Longeant les salles capitulaires et le réfectoire, c'est une réplique assez maladroite de la galerie Sud. Elle comporte des pierres tombales.

 

La galerie Nord, légèrement postérieure, voit apparaître des oeuvres inspirées de l'art gothique de l'Ile de France (fin XIIIe). Elle permet d'atteindre la chapelle St Laurent. La galerie Est, elle, est du début du XIVe siècle. Elle fut construite à l'apogée du gothique en Roussillon. Elle est consacrée à la vie de la Vierge et du Christ.

Il faut noter que le jardin a retrouvé sa vocation première puisque depuis quelques temps on y cultive des plantes aromatiques, que les chanoines cultivaient déjà à l'époque.

 

Voici quelques dimensions : Côté méridional : 15 m 50, côté occidental : 17 m 60, côté septentrional : 16 m 80, côté oriental : 17 m 60. Les galeries font 3 m 50 sauf la galerie méridionale, qui fait 10 cm de plus. Et derniers détails, ceux concernant les colonnes : D'une hauteur de 1 m 04, les chapiteaux et les bases font 34 cm de côté pour des tailloirs de 81 cm par 46cm.